Une fois de plus devient coutume, papa fait sa valise.
Non, ce n’est pas pour rejoindre une (plus) jeune collaboratrice ni pour une dispute de trop que papa s’en va. C’est pour son travail.

L’absence sera de courte durée cette fois-ci, une semaine seulement.
Les enfants s’habituent à ces absences. Ça ne leur fait pas particulièrement plaisir, bien au contraire, mais ils finissent par exprimer une sorte de fatalisme. Ça fait partie de leur quotidien.
On retrouve le rituel du soir avec une histoire en plus, des bisous et des câlins, on rappelle les recommandations d’usage: « soyez gentils avec maman, allez-vous laver quand elle le demande » et on essaie de rassurer : « vous aussi vous allez me manquer, allez juste une petite semaine et on se retrouve ».

Chaque départ demande un peu de préparation, hors de question de partir le matin et de leur laisser la surprise en rentrant le soir. Même pour des missions ou des changements d’horaires à court délai de préavis, j’essaie toujours de leur expliquer pourquoi on a besoin de moi ailleurs.
Il est important de leur apprendre, leur permettre de mettre des mots sur ce qu’ils ressentent, d’exprimer leur inconfort ou leur manque.

On dit toujours que ce n’est pas pour celui qui s’en va que c’est difficile, c’est pour celui qui reste car il ou elle devra assumer seul(le) la gestion de la maison, les courses, les imprévus, les bagarres du soir dans la salle de bain etc. C’est pas forcément faux. Je laisse de coté tout de même certains tracas de la vie quotidienne.

Mais cette fois-ci, l’engagement et la répétition des départs laisse un gout morose.

 

x étant la durée du déplacement en jours, prendre alors:
– x+1 paires de chaussettes
– x+1 sous-vêtements
– x/2 tee-shirts
– x/2 chemises
– des chaussures qui dansent

Ce soir, à mesure que je rempli ma valise conformément à une check-list mentale bien rodée, je ressens comme une drôle d’impression.
Ce genre de sentiment qui vous amène à vous interroger sur le sens de vos départs. Si hier encore je partais avec le cœur gonflé de l’investissement professionnel, aujourd’hui j’ai la sensation de fuir, de passer à coté de l’essentiel.

Une fois sorti du cocon familial, le coté pro reprend le dessus et je me focalise sur les modalités du trajet et le travail à accomplir. C’est d’autant plus important qu’au retour, un sentiment de frustration lié au travail se ressentirait aussitôt. Et puis quitte à être partis, autant jouer le jeu à fond.

Le retour est générateur d’émotions et on se retrouve toujours avec bonheur. Sans doute parce que j’ai pris le soin d’en parler avant, après et pendant.
Et sans doute aussi parce que maman gère du tonnerre.

Et vous, comment gérez-vous des absences répétées?